« Je crois beaucoup au marché du véhicule électrique et je ne peux qu’encourager les électriciens à anticiper et à s’engager dans une démarche de qualification IRVE. »

Pascal Toggenburger, Vice-Président, trésorier et chef de file IRVE de la FFIE

« Encourager le développement des IRVE »

Après la convention Advenir1 qui a donné le feu vert au déploiement de 12 000 points de recharge en France, le décret relatif aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) est en passe d’être signé. Les électriciens sont au coeur du dispositif et auraient avantage à se qualifier dans ce secteur en évolution lente mais sûre, comme l’explique Pascal Toggenburger.

L’article 24 du décret relatif aux IRVE pose l’exigence d’une qualification spécifique des électriciens pour l’installation de ces infrastructures. Cette mesure est-elle indispensable ?

Pascal Toggenburger : L’installation d’une borne de recharge et son raccordement au réseau électrique n’est effectivement pas d’une grande complexité, et les électriciens réalisent actuellement ces installations sans qualification spécifique. Mais la croissance du marché de l’IRVE attire de nouveaux acteurs, dont les pratiques et les méthodes commerciales agressives rappellent ce que nous avons connu dans le domaine du photovoltaïque et de la pompe à chaleur : des clients finaux sont séduits par leur discours très vendeur pour, finalement, se trouver face à une installation non conforme ou présentant des malfaçons. Il était important d’exiger un niveau de compétence.

Pour une question de sécurité électrique aussi…

P. T. : Nous voulons en effet être sûrs que les normes en vigueur seront respectées. Cette qualification IRVE est dans l’intérêt du client qui n’est pas en capacité de vérifier la qualité de l’installation ni la compétence de l’installateur.

Les électriciens perçoivent-ils l’intérêt de ce marché du véhicule électrique qui tarde à décoller en France ?

P. T. : Ils ne le perçoivent pas encore, d’autant plus que le volume des ventes n’a pas été au rendez-vous en 2013 alors qu’il y avait une très forte attente. Ils manquent de visibilité et, de manière très pragmatique, si vous n’avez pas de demande, vous ne vous mobilisez pas.

Jusqu’en 2018, la convention Advenir va encourager le développement des IRVE dans le résidentiel collectif, où il y a de la demande, et sur les parkings. Si les résultats sont probants, nous ferons en sorte de reconduire cette convention.

La rupture technologique n’est certes pas encore là, mais les constructeurs progressent d’année en année. Nous savons que cette rupture se produira à terme, surtout si les pouvoirs publics adoptent des mesures courageuses et si les constructeurs, en parallèle, continuent de soutenir cette technologie. Pour ma part, je crois beaucoup au marché du véhicule électrique et je ne peux qu’encourager les électriciens à anticiper et à s’engager dans une démarche de qualification IRVE.

(1) Aide au Développement des Véhicules Électriques grâce à de Nouvelles Infrastructures de Recharge (Advenir). Convention signée le 10 février 2016 entre cinq partenaires (Ademe, Avere, Eco CO2, EDF et le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de la Mer) pour le développement de 12 000 points de charge, d’ici à fin 2018, dans l’habitat collectif et sur les parkings d’entreprises privés et publics.

Article publié dans la newsletter Qualifelec n° 2, de septembre-novembre 2016