Saurez-vous résister au bug d’amour ?
En 2000, un petit morceau de code « I love you » s’est insinué dans des dizaines de millions d’ordinateurs. Il a brisé la sécurité des systèmes informatiques du Pentagone, de la CIA et de grandes entreprises. A ce jour, « I love you » reste l’un des virus les plus marquants de l’histoire du piratage.
Vingt-cinq ans plus tard, la menace n’a pas disparue. Elle s’est déplacée et adaptée. Fin 2025, un bureau d’ingénierie du BTP français a subi une fuite massive de données. 8 444 giga-octets ont été exfiltrés, dont des plans détaillés de bâtiment à forte dimension stratégique et sécuritaire.
Entre ces deux événements, un point commun : la vulnérabilité des systèmes numériques. Avec le développement des bâtiments intelligents, le risque cyber concerne désormais directement le secteur du bâtiment et ses infrastructures auxiliaires.
Mais la menace cyber rôde-t-elle sur les toits, dans les parkings ou plus simplement dans nos pratiques professionnelles ?
Au cœur du risque cyber
La numérisation des installations techniques, vidéosurveillance, GTB, IRVE, IoT, réseaux connectés, expose les entreprises à des risques croissants. Une faille informatique peut compromettre la sécurité d’un site, interrompre une activité ou engager la responsabilité de l’entreprise auprès de ses clients et donneurs d’ordre.
Les infrastructures auxiliaires, comme les panneaux photovoltaïques ou les bornes de recharge, peuvent servir de « cheval de Troie » vers un réseau plus large. Une compromission locale est, potentiellement, une passerelle pour une attaque globale.
Dans ce contexte, le risque cyber s’impose comme un défi majeur pour les entreprises au niveau mondial, selon le Baromètre des risques Allianz 2026. Cette exposition concerne particulièrement les TPE et PME. Elles disposent de moyens humains et financiers plus limités que les grands groupes, tout en étant soumises aux mêmes menaces.
Les autorités françaises observent déjà des cas concrets. Le 22 janvier 2026, l’ANSSI a signalé plusieurs compromissions de systèmes d’information d’entités du secteur de la production d’énergie renouvelable. Elle précise que certaines installations sont opérées par de très petites entreprises ou des particuliers, et que les attaquants exploitent des faiblesses liées aux interfaces de gestion accessibles depuis Internet.

Le piratage du bureau d’ingénierie du BTP montre que le risque commence en amont du chantier. Il concerne les serveurs, les GED, les plateformes de partage de plans et les postes de travail des équipes. La cybersécurité ne se limite donc pas aux équipements connectés sur site.
Face à cette montée des menaces, les pouvoirs publics organisent leur réponse. Présentée le 29 janvier dernier, par Anne le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, la stratégie nationale de cybersécurité de la France pour la période 2026-2030 prévoit de rehausser le niveau global de cyber-protection de la Nation. Elle inclut la mise en place d’un label de confiance, destiné à aider les organisations à élever leur niveau de sécurité et à valoriser leurs efforts de sécurisation auprès de leurs partenaires, clients et investisseurs.
C’est dans ce contexte que Qualifelec et la Fédération Française de Cybersécurité ont pris l’initiative de lancer la Maîtrise CyberBat, en décembre 2025 (le communiqué de presse est disponible ici).
Cette démarche sectorielle vise à structurer les pratiques et à renforcer la résilience numérique des entreprises du génie électrique, énergétique et numérique.

Maîtrise CyberBat, preuve de fiabilité
La compétence technique des entreprises du génie électrique, énergétique et numérique doit aussi intégrer des enjeux de sécurité transverses.
La Maîtrise CyberBat, co-construite par Qualifelec et la Fédération Française de Cybersécurité, apporte un cadre clair et opérationnel pour répondre à cet enjeu.
Elle poursuit quatre objectifs concrets :
- Encourager les bonnes pratiques de cybersécurité auprès des TPE et PME du secteur,
- Proposer un cadre homogène et adapté aux réalités du terrain,
- Faciliter l’identification d’entreprises sensibilisées et organisées face aux risques cyber,
- Contribuer à la résilience numérique des chantiers et des infrastructures.

La Maîtrise CyberBat repose sur un référentiel pragmatique, centré sur l’organisation interne, la documentation, la gestion des accès, la sensibilisation et la continuité d’activité. Elle ne prévoit pas d’audit technique lourd. Cette Maîtrise s’adresse aux entreprises qualifiées Qualifelec intervenant sur des systèmes connectés.
Elle constitue ainsi un repère de confiance pour les donneurs d’ordre, prescripteurs, institutions, collectivités, syndicats professionnels et réseaux d’entreprises qui souhaitent promouvoir un cadre cybersécuritaire partagé.
La Maîtrise CyberBat incarne la confiance numérique de la filière.
Si vous souhaitez en savoir plus, le référentiel est disponible ici.
